Le slam pour réapprendre la parole critique

La Générale d’imaginaire cultive le slam pour « réapprendre la parole critique », c’est l’idée principale retenue par une journaliste de la Voix qui a interviewé deux représentants de la Générale d’Imaginaire, Thomas Suel et Stéphane Gornikowski.
« Le slam est pour eux tout un art. Mais un art accessible. à? plusieurs, ils tentent, par le biais de la Générale d’imaginaire, de permettre au plus grand nombre de se l’approprier lors d’ateliers. Ils veulent également lui donner ses lettres de noblesse, en l’imprimant noir sur blanc. Stéphane Gornikowski a plusieurs casquettes. Une partie de la semaine, il est permanent syndical. Le reste du temps, il dirige la Générale d’imaginaire, un collectif qu’il a créé en 2003. « Au début, il s’agissait de promouvoir le slam et le hip-hop. Le hip-hop est vite parti…»
La Générale d’imaginaire s’est donc recentrée sur le slam. Avec Thomas Suel, Julien Delmaire et d’autres, ils créent leurs propres textes, mais ils veulent aussi « mener une réflexion sur de nouvelles façons de le promouvoir dans la région et sur des événements publics qui pourraient le mettre en valeur ». D’où l’idée, par exemple, de mettre sur pied des matchs de « catch-slam » ou de « catch-poésie », dans le cadre du festival L’Entorse, qui veut rapprocher culture et sport. Et la création de leur « microdépartement édition », L’Agitée, qui soutiendra prochainement un ouvrage de Julien pour le prix Artaud.

Cheval de Troie
Le slam, en dehors des aspects poétique et théâtral, ils l’imaginent comme « un cheval de Troie qui peut amener les jeunes à  mener une démarche artistique ». Comme un moyen de libérer la parole, aussi. Thomas le résume ainsi : « On veut inciter les jeunes et les gens à  écrire, à  slamer, à  construire une parole qui leur soit propre et qu’ils la partagent. » Ainsi, l’un des premiers enjeux est de « faire comprendre à  chacun que, même s’il a le sentiment de ne rien avoir à  dire, sa vie quotidienne est riche de détails, de l’univers dans lequel il évolue… On veut aider à  faire sortir les mots enfouis à  l’intérieur, comme outil d’émancipation. Dans certains milieux, la langue est souvent à  l’abandon mais elle se réveille facilement. » En 2007, ils ont mené une cinquantaine d’ateliers dans la région, « essentiellement en zone urbaine et avec des jeunes ». Ils réfléchissent maintenant à  « quelles formes inventer » pour atteindre les coins et les publics qui ne le sont pas encore, même si « des fois, on se prend la tête pour semer des choses dans des déserts culturels ». S’investir sur le long terme avec les associations et intervenants locaux en est une. Mais ils savent qu’il ne « suffit pas de bonne volonté et de donner la parole aux jeunes pour que çà passe bien », regrettant une « culture du zapping, faite d’éclats et de bribes », qui induit, notamment, un manque de concentration.
Au-delà , une autre idée titille ces anciens camarades de Sciences Po : ils voudraient maintenant se servir de leur expérience pour « travailler sur une prise de parole qui dépasserait le cadre de l’atelier de slam, pour réapprendre la parole critique ». Afin qu’elle s’instille ainsi dans les bureaux et les ateliers tout court.

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One Response to Le slam pour réapprendre la parole critique

  1. GG says:

    Bonjour, un commentaire qui arrive un peu tard ! Mais je découvre aujourd’hui ce texte.
    Votre démarche est très intéressante et ceci nous éclaire sur votre collectif.
    Si vous le permettez je citerai cet article sur le blog des slameurs de la Maison Folie de Mons en Belgique.
    Restez vivants.

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